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Offranville : Le clocher tors, l'if millénaire et le peintre

21 min 4 étapes14 sources
Offranville : Le clocher tors, l'if millénaire et le peintre
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Une promenade documentée à Offranville, composée de 4 étapes, de l’église Saint-Ouen à l’if millénaire.

Offranville

Offranville : Le clocher tors, l'if millénaire et le peintre

21 min 4 étapes

La pierre du parvis répond sous votre pas, sec et sonore, comme ces plateaux de l'arrière-pays dieppois où le vent a longtemps séparé le bon grain de la poussière. Offranville s'étend autour de vous, bourg que des travaux d'historiens et des archives locales décrivent encore, en 1991, dans la revue Études Normandes, comme l'un des centres les plus dynamiques de cet arrière-pays . Ici, le silence porte une densité ; il est habité, traversé de souffles et de mémoires. Devant vous, depuis cette esplanade, trois témoins se partagent le regard et le temps. La pierre d'abord : un clocher qui vrille, torsadé contre le ciel, comme si la terre avait refusé de le tenir droit. Il appartient à l'église que l'on devine derrière les murs. Puis le bois : un if qui précède la paroisse, dont la masse sombre effleure presque les pierres du sanctuaire ; sa silhouette noueuse occupe l'angle du parvis comme une sentinelle oubliée, enracinée avant même que le nom du village ne s'écrive. Enfin, la toile : ce village a vu poser sous les feuillages et sous cette lumière changeante des modèles que Jacques-Émile Blanche, portraitiste parisien venu chercher ici le repos et la vérité des visages, a saisis dans leur fragilité. Trois langages — minéral, végétal, pictural — qui conversent sans cesse sur ce même espace. Le nom même du lieu sonne ancien. On le trouve attesté sous la forme Ulfranville en 1087 , une échine de consonnes qui résiste au temps. Le passé ne domine pas seul ; il s'épaule au présent, il s'accroche à ces trois présences qui se superposent sous vos yeux, offrant à qui sait regarder une chronique sans mots. L'odeur de l'if, âcre et résineuse, monte par bouffées lorsque le soleil chauffe l'écorce. La pierre du clocher rosit à certaines heures, saisissant la lumière oblique du soir. Votre pas résonne entre les dalles disjointes et les mares de mousse. Vous percevez peut-être, au loin, le battement d'une aile dans l'air humide. C'est ici que l'on comprend qu'un village ne se visite pas ; il se fréquente, à la cadence de ceux qui y demeurent, au rythme des portes qui claquent et des pas qui s'attardent. Laissez vos yeux courir de la pierre vrillée au bois noueux, puis à l'ombre douce où s'asseyait le peintre. Le fil rouge est déjà là, tissé entre le sol et le ciel, entre la pierre qui résiste et le bois qui endure. Il vous mènera du tors du clocher à la racine de l'arbre, puis au pinceau qui a figé, sous cette lumière d'Offranville, l'âme d'un siècle. Respirez cette superposition : la pierre, le végétal, la mémoire des poses.

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Écoutez les premières minutes de cette promenade

  1. 1

    L'église Saint-Ouen

    le clocher qui se tord

    Église Saint-Ouen, Offranville

  2. 2

    L'if millénaire

    plus vieux que la paroisse

    If millénaire, abords de l'église Saint-Ouen, Offranville

  3. 3

    Jacques-Émile Blanche

    le portraitiste du Tout-Paris au village

    Abords de la mairie et du musée, Offranville

  4. 4

    Les colombiers et le nom du village

Les époques traversées

  • Médiéval (Ve–XVe s.)
  • Renaissance (XVIe s.)
  • Industriel (XIXe s.)
  • Moderne (XXe s.)
  • Contemporain (XXIe s.)